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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 22:24

 

http://abonnes.hospimedia.fr/interviews/20131129-michel-salom-president-du-les-ehpad-font-finalement?c=0&f=EQ&s=342C0A530253E084719291823F431F62&u=48225&utm_source=sim&utm_medium=email&utm_campaign=EDITION_QUOTIDIENNE&utm_content=EDITION_QUOTIDIENNE&utm_term=

 

 

 

 

De nouveaux textes concernant les évaluations de la perte d'autonomie en Ehpad viennent d'être publiés au Journal officiel. Avant leur sortie le SNGC avait évoqué quelques réserves. Michel Salom président du syndicat répond à hospimedia.

Hospimedia : "Plusieurs arrêtés qui viennent d'être publiés au Journal officiel fixent les règles des évaluations de la perte d'autonomie en Ehpad. Avant la publication de ces textes, le Syndicat national de gérontologie clinique (SNGC) s'était élevé contre une valeur du Pathos moyen pondéré (PMP) pour les nouveaux établissements à 110.


Michel Salom : "Effectivement, cela signifie que quand vous attribuez à un établissement un PMP à 110, alors que le PMP moyen en France est à 188, pendant sa première année d'exercice cet Ehpad devra faire nécessairement des avances de fonds. Fonds qu'il ne possède d'ailleurs peut-être pas. Seulement il n'aura pas le choix s'il veut soigner les gens correctement. C'est-à-dire qu'à mesure qu'il fera ses admissions, le coût du soin ne sera pas celui qu'il devrait être. Alors comment s'en sortent ces établissements ? Ils peuvent par exemple patienter pour recruter. Par ailleurs, cela les oblige donc à faire entrer des malades rapidement et à espérer qu'ils obtiennent bien leur pathosification au bout d'un an. En attendant, ils doivent recruter un minimum de personnel médico-technique pour ne pas se retrouver en déficit tout simplement.
 

Hospimedia : Est ce que cela peut inciter les établissements à accueillir des patients avec des prises en charge beaucoup moins lourdes ?


M.S. : Si vous prenez des patients beaucoup moins lourds, votre PMP sera léger... Mais le problème, c'est que cela ne correspond pas à ce qui est demandé aux admissions en Ehpad. Ces établissements reçoivent des gens nécessitant des prises en charge de plus en plus lourdes. Et sélectionner les admissions est compliqué. Les personnes qui ne nécessitent pas une prise en charge lourde restent chez eux. Les Ehpad font finalement les frais d'un PMP insuffisant. Les nouveaux  textes marquent le maintien d'une situation qui existe et qui pose déjà problème aux établissements neufs. 
 

Hospimedia : Outre le fait de repositionner le rôle des ARS, qu'est-ce qui est modifié par ces nouveaux textes ?

M.S. : Peu de chose en dehors de la mise en place réelle de la commission de coordination régionale qui est bien détaillée et aussi le fait qu'il puisse y avoir des coupes Pathos allégées, soit des coupes intermédiaires entre les deux moments du renouvellement de la convention tripartite. Auparavant, ces coupes intermédiaires n'existaient pas. Cela permet désormais de gagner du temps, notamment pour les administrations.
 

H. : Et pour les médecins coordonnateurs...


M.S. : Il n'y a pas de nouveau rôle. Ces textes entérinent des choses qui étaient déjà connues dont la prescription en situation d'urgence. Par contre côté contentieux, le syndicat des médecins d'Aix et région (Smaer) et le Conseil de l'ordre qui avaient demandé au Conseil d'État que les missions du médecin coordonnateur soient retoquées n'ont pas eu gain de cause.
Au printemps dernier les contrats que l'on demandait aux Ehpad de passer avec les médecins généralistes ont été dénoncés par le Conseil d'État, ces contrats n'assurant pas le libre choix du médecin traitant par le patient. A contrario le Conseil de l'ordre et le Smaer qui estimaient que les missions du médecin coordonnateur interféraient avec la pratique des médecins libéraux ont perdu fin octobre leur recours. Le point d'achoppement était notamment les réunions de coordination auxquelles les médecins traitants ne participent pas ou peu. Il n'en reste pas moins que le médecin coordonnateur reste le président de ces réunions.
 

H. : Les relations entre médecins généralistes et médecins coordonnateurs sont-elles encore conflictuelles?


M.S. : Au regard de la démographie médicale et tout particulièrement, en l'absence de plus en plus de généralistes on constate qu'il existe plutôt une polémique d'intellectuels qu'une polémique sur le terrain. À part ceux qui ont une certaine fibre gériatrique, la majorité des médecins généralistes n'ont pas les moyens, en terme notamment de temps, de se rendre aux réunions de concertations des Ehpad. Pour pallier à cela, il faudrait inventer un modèle où le médecin coordonnateur serait aussi le médecin traitant des résidents des Ehpad, où naturellement cela serait possible. Il faut cesser les faux semblant avec d'un côté un coordonnateur qui s'occupe de la qualité de vie dans l'établissement et de l'autre côté un médecin généraliste chargé de la qualité des soins de cette même personne. Ce modèle est complètement psychotique. Partout où c'est envisageable, il faudrait que le médecin coordonnateur soit LE médecin de l'établissement. Cela pourrait faire venir dans les Ehpad, qui peuvent se l'offrir, des médecins coordonnateurs.
 

H. : Ce modèle est-il réaliste ?


M.S. : Il existe des établissements qui fonctionnent déjà comme cela, soit sans l'intervention extérieure de médecins traitants. Il suffit que les résidents choisissent le médecin salarié de la structure comme médecin traitant. Cela reste un choix. Cela prendra du temps pour changer les habitudes mais selon moi, ce dispositif ne poserait aucun problème particulier de droit. Le SNGC encourage le salariat en Ehpad d'un maximum d'intervenants et aussi le recours au budget global qui permet une prise en soins de qualité moins chère à moindre risque, car réalisée par des personnes formées.
 

H. : La réouverture du budget global est dans l'ère du temps avec le PLFSS 2014...


M.S. : Oui mais, il va être réouvert non pas sur la simple demande des établissements mais avec l'acceptation des ARS. Auparavant le choix était laissé aux seuls établissements, ce ne sera plus le cas. C'est l'ARS qui garde la main". 

Propos recueillis par Lydie Watremetz

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Published by CGT Medica France - dans Divers
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