Ticket modérateur de plus en plus fréquent, forfait journalier et tarif de la chambre particulière sans cesse revus à la hausse, nouveau forfait "confort hébergement ambulatoire",
dépassements d’honoraires généralisés... : être hospitalisé coûte de plus en plus cher !
Et si l’on est bien couvert par sa mutuelle, on le paye évidemment via les hausses de cotisations. Forte de ce constat, la Mutualité française de Midi-Pyrénées a eu l’ingénieuse idée d’éditer
un "guide de l’hospitalisation dans la région". Une première en France, avec la Mutualité de Bourgogne.
Ce guide très concret et didactique recense, par département, les 150 établissements publics et privés, en pointant ceux où les restes à charge sont le plus importants. Ils sont nommément
cités, de même que les groupes de spécialités concernés : Médecine, chirurgie, obstétrique (Mco), soins de réadaptation et de suite (Ssr) et psychiatrie. Un feu tricolore vert-orange-rouge
informe les usagers sur les dépassements d’honoraires spécifiquement : sans, dépassements inférieurs à 150 % du tarif de la sécurité sociale (plafond du « tact et mesure »)... ou supérieurs
donc significatifs. Et ce, concernant une liste de sept actes référencés (cataracte, coloscopie, prothèse de hanche et de genou, accouchement...).
Sans surprise, les tarifs les plus élevés sont pratiqués par les cliniques privées à but lucratif, à
fortiori celles appartenant à des groupes financiers (Capio, Medica France, Vitalia etc). Ne restent cependant que peu de cliniques indépendantes dans l’agglomération
toulousaine.
Par exemple, mieux vaut pour son porte-feuille accoucher à l’hôpital ou dans le privé à but non lucratif ! Car outre le tarif accouchement de la sécurité sociale (313 €), les cliniques
facturent un forfait supplémentaire de 150 à 200 € selon les établissements, sans parler des dépassements pratiqués lors des consultations (anesthésiste, gynécologue obstétricien, pédiatre).
« Certaines cliniques facturent la chambre particulière en Mco à 70 € et à 90 € en Ssr, là où les durées de séjour sont très longues.
D’autres n’hésitent pas à calculer leurs tarifs en fonction de la couverture complémentaire de leur client ! Il arrive aussi que des cliniques ne pratiquent pas le tiers payant. Il est
important de le savoir avant d’y aller. Notre guide, qui a exigé un travail considérable, a vocation à apporter de l’information à nos adhérents et au-delà à tous les assurés sociaux. En
parallèle, nous signons des conventions avec certains établissements par lesquelles ils s’engagent à respecter des tarifs », explique Pierre-Jean Gracia, président de la Mutualité française
de Midi-Pyrénées. Ce dernier reconnaît que le coût de certains investissements est directement répercuté sur les tarifs (modernisation, climatisation...) mais aussi que c’est un moyen pour
les cliniques de dégager des excédents !
Pour l’heure, nous avons encore le choix entre le public et le privé...mais plus pour longtemps. Dans certains départements, des pans entiers de chirurgie ont été délégués au privé...par les
Agences régionales de santé ! Le guide ne recense toutefois pas les tarifs (secteurs 1 et 2) par praticien, lesquels sont accessibles sur le site internet de l’assurance maladie
Aussi réussi soit-il, un tel guide doit être fréquemment réactualisé et se périme très vite. D’où une nouvelle version internet annoncée pour le 1er janvier 2012. Pour l’heure, on peut le
télécharger sur le site internet de la Mutualité de Midi-Pyrénées ou se le procurer (dans sa version imprimée) dans ses agences.