http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/labassijysuis/
(à écouter sans modération....)
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Le nombre des centenaires pourrait être multiplié par 13 en cinquante ans pour atteindre 200 000 en 2060, parallèlement au vieillissement général de la population française, estime l'Insee dans une étude (.pdf) publiée mercredi 26 octobre. La métropole comptait 15 000 centenaires au début de cette année, soit treize fois plus qu'en 1960. Rapportée à la population globale, cette progression est plus spectaculaire encore : en 1960, une femme sur 500 et un homme sur 2 500 avaient 100 ans ou plus ; aujourd'hui, c'est une femme sur 57 et un homme sur 600.
MAINTIEN À DOMICILE
La projection de l'Insee pour 2060 part de l'hypothèse d'une poursuite de l'évolution de la mortalité aux grands âges selon les tendances actuelles. Mais l'institut reconnaît que cette évolution sera soumise, au cours des décennies à venir, à des inconnues touchant notamment les progrès médicaux et les modes de vie (obésité, pollution…). Des aléas dont l'impact peut être néfaste ou bénéfique : l'étude note ainsi que les mesures de prévention prises après la canicule de 2003 ont permis une accélération de l'espérance de vie des personnes âgées plus rapide qu'au cours des années précédentes.
Sans surprise, près de neuf centenaires sur dix sont des femmes, cette proportion des femmes ne cessant d'augmenter avec l'âge (65 % des octogénaires et 77 % des nonagénaires). Plus étonnant dans un pays préoccupé par la dépendance, l'Insee constate que la moitié des centenaires de métropole vit encore à domicile, une proportion qui a augmenté ces dernières années grâce à l'amélioration de l'espérance de vie sans incapacité. Un centenaire sur quatre vit même seul chez lui et 4 % vivent en couple. Ce maintien à domicile ne vas pas sans mal et s'accompagne d'une demande croissante de soins : selon l'enquête Handicap-santé de l'Insee, la moitié des nonagénaires vivant à domicile ou en institution rencontrent beaucoup de difficultés pour exécuter seuls une ou plusieurs tâches quotidiennes (toilette, habillement, repas...). Quant aux "supercentenaires", les plus de 110 ans, qui sont une dizaine seulement aujourd'hui, ils pourraient être 1 500 dans un demi-siècle.
FEDERATION CGT DE LA SANTE
ET DE L'ACTION SOCIALE
Prenons soin de nos retraité(e)s.
Une fois de plus, la CGT dénonce les conditions d'accueil et de prise en charge des personnes
âgées dépendantes en France.
Partout, le constat est dramatique, particulièrement le manque cruel d'effectifs entraînant pour
les personnes âgées accueillies dans les établissements un manque de respect de leurs habitudes
de vie, des prises en charge indignes et parfois un défaut de soins.
Ces-situations ont aussi des répercussions sur les personnels de ces secteurs par une
dégradation continue des conditions de travail, qui induisent des accidents de travail, de trajet,
des troubles muscu1o-squelettiques, des dépressions liées au stress et aux souffrances autant
physiques que morales.
En outre, la mise en œuvre de la convergence tarifaire (coût moyen de la prise en charge au
niveau départemental ou national des établissements) a obligé les établissements légèrement au
dessus de cette moyenne (dit « sur-dotés ») à baisser les coûts.
Entraînant de ce fait:
• Une réduction des personnels
• Une déqualification des postes
• Une intensification du travail
• Une prise en charge honteuse des résidents
Pour exemple, dans le Val de Marne, à Bonneuil, l'EHP AD « Abbaye des bords de Marne » doit
revoir à la baisse son budget et par conséquent supprimer 22 postes sur 5 ans.
Pour ces personnels dévoués, mais usés par le manque de moyens accordés au secteur dans
lequel ils exercent, le Gouvernement décide avec sa réforme honteuse des retraites de les faire
travailler jusqu'à 67 ans. Pour ces mêmes personnels, dont l'espérance de vie est inférieure de 6
ans par rapport aux autres fonctionnaires, le gouvernement refuse la reconnaissance de la
pénibilité.
La prise en charge de la dépendance va prochainement être encore d'actualité. Face à ce
gouvernement qui refuse toute négociation, nous ne pouvons qu'être inquiets sur les réelles
discussions qui s'engageront autour de ces questions.
C'est pourquoi, nous invitons les personnels, les usagers de tous les établissements à participer
massivement aux actions du 12 octobre pour nos emplois, nos salaires, nos retraites et pour une
prise en charge de qualité de nos résidents. A l'occasion de la semaine bleue (du 18 au 22
octobre), nous appelons l'ensemble de personnels des maisons de retraite, les familles de
résidents, à porter la protestation et les revendications auprès de leurs directions et des élus,
sous toutes les formes.
Montreuil, le 8 Octobre 2010
«Ils pensent que vous devriez travailler plus longtemps. Pourquoi cela ne nous aidera pas.» Est-ce le titre d’une tribune de Bernard Thibault, François Chérèque ou Jean-Claude Mailly? Pas du tout. Cette chronique est parue dans le Washington Post, sous la signature d’Ezra Klein.
Le jeune journaliste américain nous permet de mesurer que le débat sur l’âge de la retraite est loin d’être franco-français.
«Il y a beaucoup de choses que le Congrès ne sait pas en ce moment. Que faire au sujet des emplois, par exemple. Qui va diriger la Chambre en janvier. Comment faire pour équilibrer le budget. Mais il y a une chose sur laquelle les deux partis semblent de plus en plus d'accord: vous devriez travailler plus longtemps.»
Outre-Atlantique, le raisonnement est le même qu’en France: les gens vivent plus longtemps, il est donc logique qu’ils travaillent plus longtemps. Mais, pour Ezra Klein, ce n’est peut-être pas si «logique». Il relève que ce point de vue est partagé par les hommes politiques –qui aiment leur travail et ne veulent pas s’arrêter– et les journalistes et chroniqueurs –qui aiment leur métier et ne veulent pas s’arrêter.
«Mais la plupart des gens ne travaillent pas au Congrès ou dans les médias. Ils travaillent sur leurs pieds. Ils en ont plein le dos. Ils s'ennuient ferme à la fin de leur journée. Au moment où ils sont atteignent 60 ans, ils veulent prendre leur retraite.»
Aux Etats-Unis, les salariés perçoivent une retraite par le biais du régime de base, baptisé Social Security, qu’ils complètent notamment avec des régimes professionnels. Mais le régime de base est majoritaire, il concerne 90% des retraités américains. Depuis la réforme de 1983 menée sous Ronald Reagan par Alan Greenspan, avant qu’il ne dirige la Fed, l’âge de la retraite à taux plein a été relevé progressivement. Pierre-Yves Dugua, sur son blog, expliquait en juin:
«Aujourd'hui un Américain à partir de 62 ans peut toujours prendre sa retraite. Mais il ne percevra qu'une partie de sa pension au titre de "Social Security". Plus il diffère sa retraite, plus sa pension sera élevée. En 2026, l'âge à partir duquel l'Américain pourra profiter de 100% de cette pension publique sera de 67 ans.»
Le régime américain est également confronté à un manque de ressources. Mais, explique Klein, «le problème n’est pas que la Social Security dépense trop d’argent ou que nous vivions trop longtemps. Le problème, c’est que nous n’avons pas assez d’enfants (ou pas assez d’immigrants)». Le chroniqueur chiffre le coût du sauvetage du système: 0,7% du PIB jusqu’en 2035. Soit «à peu près ce que coûteront les coupes dans les impôts pour les riches accordées par George W. Bush sur la même période».
Surtout, Ezra Klein contredit l’évidence qui voudrait que tous les Américains vivent plus longtemps. Il compare l’espérance de vie en 1935 (date de la création de Social Security) et de nos jours.
«Si vous étiez un homme blanc de 60 ans en 1935, vous pouviez espérer vivre 15 ans de plus. Si vous êtes un homme blanc de 60 ans aujourd’hui, vous pouvez espérer vivre 20 ans de plus.»
Et le système reflète les inégalités sociales:
«En 1972, un travailleur de 60 ans de sexe masculin qui gagnait moins que le revenu médian avait une espérance de vie de 78 ans. En 2001, il avait une espérance de vie de 80 ans. Pendant ce temps, les travailleurs situés dans la tranche supérieure passaient de 79 ans à 85 ans. Dans la mesure où l'argument de relever l'âge de la retraite est que “les bénéficiaires de la sécurité sociale vivent beaucoup plus longtemps aujourd'hui qu’en 1935", il devrait être reformulé ainsi: "les bénéficiaires de Social Security ont tendance à vivre un peu plus aujourd'hui qu'ils ne le faisaient en 1935, et c'est beaucoup plus vrai pour les bénéficiaires riches que pour les pauvres”.»
Photo: Reuters
http://www.slate.fr/lien/26853/ils-veulent-vous-faire-travailler-plus-longtemps-ils-ont-tort