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145 € - c’est le montant du loyer (HT/m²/an) de Medica France, dans l’immeuble à énergie positive « Le Rubis », réalisé par Artea et situé dans le parc d’activités d’Aix-en-Provence (13).
Business Immo Green : Vous développez le premier parc tertiaire à énergie positive en France. En quoi consiste ce projet ?
Philippe Baudry : Nous nous sommes associés avec la Caisse des dépôts (à hauteur de 35%
pour eux et 65 % pour Artea) au sein d’une société ad-hoc au capital de 5 M€. Notre foncière a conçu un
écosystème environnemental, dont l’ambition est de faire d’un cadre de travail un cadre de vie convivial, en limitant l’impact sur l’environnement. Situé à Meyreuil au pied d’une sortie de
l’autoroute A8, à 5 km du centre-ville d’Aix-en-Provence, l’Arteparc comprend 9 immeubles de bureaux et développera 15 000 m² Shon au sein d’espaces verts préservés. Il pourra accueillir une
trentaine d’entreprises, 600 personnes et 450 véhicules. Depuis 2006, notre foncière s’est positionnée sur le développement durable. Nous visons, pour toutes nos nouvelles réalisations, une
consommation située entre 50 et 30 kWh d’énergie primaire/m²/an.
BIG : Quelles ambitions énergétiques poursuivez-vous à l’Arteparc ?
PB : Une consommation des immeubles réduite à 30 kWh d’énergie primaire/m²/an, grâce au système de géothermie à axe vertical qui exploite une température sous terre stable,
été comme hiver. La performance de la pompe à chaleur est ainsi multipliée par deux. Nos immeubles BBC seront aussi à énergie positive avec une ferme solaire constituée de 10 centrales
solaires, 9 en toiture et 1 auvent sur parking, d’une puissance totale d’1 MW. Cette ferme couvrira l’équivalent électrique de 100 % des besoins énergétiques de l’Arteparc. Grâce à ces
centrales solaires intégrées au bâti, les bâtiments produiront 1 200 MWh/an. L’Arteparc devrait également recevoir une mini-éolienne qui alimentera pour partie les équipements communs comme
l’éclairage public, le contrôle d’accès, etc. L’arrosage des jardins sera assuré par la récupération des eaux de pluie. L’ensemble des chantiers du parc va faire l’objet d’un contrôle de
qualité intégrant thermographie infrarouge, infiltrométrie, pour contrôler l’enveloppe du bâtiment à la demande de Certivéa avec qui nous visons un niveau BBC Effinergie 2005. Grâce à ses
centrales solaires, l’Arteparc peut prétendre au titre de premier parc tertiaire environnemental à énergie positive en France.
BIG : Comment les utilisateurs vont-ils être associés à ce concept ?
PB : Nous avons mis en place plusieurs dispositifs. Le premier d’entre eux est un dispositif de transport doux à très faible émission de CO2 : nous allons
expérimenter la mise à disposition de 5 véhicules électriques, qui seront proposés en libre-service pour les transports de la journée pour démarrer. La réservation se fera via notre système
de communication Greenview. Ce portail est un tableau de bord interactif, que nous installons dans le hall de nos immeubles environnementaux. Il diffuse sur grand écran plusieurs types
d’informations : les consommations et la production d’énergie du bâtiment, la température extérieure et intérieure, les émissions de CO2, la consommation et la production d’eau…
Sur ce portail, nous allons également proposer un site de co-voiturage avec un point de rencontre dédié à l’entrée du parc. Enfin, les parkings en sous-sol seront en partie équipés avec une
prise permettant de recharger les véhicules full hybride et tout électrique.
BIG : Où en est le projet aujourd’hui ?
PB : Fin 2010, nous avons déjà livré deux immeubles, qui sont entièrement loués. Trois nouveaux immeubles seront livrés à leurs locataires en juin et juillet 2011. Fin 2012,
l’Arteparc sera entièrement terminé.
BIG : Le parc est-il entièrement pré-commercialisé ? Quels sont les niveaux de loyer ?
PB : Aujourd’hui, il est pré-commercialisé à hauteur de 50 %. Nos premiers utilisateurs sont BNP (500 m²) Softway Medical (3150 m²), Pharmagest Interactive (746 m²),
Voltalia (524 m²) Grifols (323 m²) et Quicksilver. Pour ce qui est des loyers, nous optons pour une fourchette basse, à 145 €/m²/an. A titre de comparaison, à Aix-en-Provence, les
loyers s’évaluent entre 145 € et 160 €/m²/an pour le neuf. Quant à nos charges, nous faisons en sorte qu’elles soient inférieures à 20 €/m². Nous ne réintégrons pas les surcoûts de
construction de nos bâtiments, pour lesquels nous estimons le coût de construction à près de 1 500 €/m². En échange, nous attendons une plus grande fidélité de nos utilisateurs dans le
temps.
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