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9 décembre 2017 6 09 /12 /décembre /2017 23:38

Des salariées de la maison de retraite Marguerite-de-Flandre dénoncent « un travail à la chaîne »
Si le nombre de titulaires reste stable, le profil des résidents a évolué. Ils sont aujourd’hui plus dépendants. Photo archives Pascal Bonnière
Si le nombre de titulaires reste stable, le profil des résidents a évolué. Ils sont aujourd’hui plus dépendants. Photo archives Pascal Bonnière

C’est une grogne presque silencieuse, que les unions locales CGT de Dunkerque-Armentières essaient de cristalliser en allant à la rencontre de salariés d’EHPAD, avec l’objectif de mobiliser en vue d’une grande journée d’action. Après Steenvoorde, Estaires, ou encore Hazebrouck, Gervais Debaene, responsable syndical, a installé ce mercredi midi sa fourgonnette sur le parking de l’EHPAD de Nieppe. Sous-effectif, conditions de travail jugées insupportables, le malaise qui s’est installé dans les EHPAD semble monter en puissance. Ce mercredi, ils étaient une vingtaine à s’être rassemblée pour manifester leur ras-le-bol. Des syndicalistes, dont certains venus d’Houplines, de « simples » salariés, mais aussi Gérard, parent d’une résidente de la maison de retraite, venu discuter avec les professionnels et les soutenir.

« Avant, on pouvait encore les amener faire une course, discuter avec eux. Aujourd’hui, rien que discuter, c’est déjà énorme. »

L’EHPAD nieppois compte actuellement 54 salariés titulaires selon la direction, dont 20 aide-soignantes, 18 agents de service hospitalier qualifiés et quatre infirmières. Si cet effectif fluctue selon les besoins avec l’embauche temporaire de contractuels, il est jugé nettement insuffisant par ces salariés. «  Les résidents sont de plus en plus dépendants (la moyenne d’âge est de 86 ans à Nieppe), explique Fanny, aide-soignante et responsable syndical à Marguerite-de-Flandre. On travaille à la chaîne. » La salariée évoque des petits-déjeuners servis parfois jusqu’à 11 h, des passages aux toilettes compliqués pour les résidents «  car on n’est pas assez nombreux, et certains se font dessus  », ou encore des lavages à la bassine de plus en plus fréquents par manque de temps. «  Avant, on pouvait encore les amener faire une course, discuter avec eux. Aujourd’hui, rien que discuter, c’est déjà énorme  », commente Viriginie, aide-soignante dans l’EHPAD nieppois depuis 14 ans.

 

Gervais Debaene, responsable CGT.
Gervais Debaene, responsable CGT.

 

Françoise Leturgie, la directrice de la maison de retraite, nuance le tableau dressé par ces salariés – «  il y a encore des choses qui se font pour les résidents  » – mais elle admet qu’un malaise est bien présent. La faute à la baisse des dotations et des tarifs d’hébergements (environ 1 800 € par mois pour une chambre individuelle) depuis quelques années. Le récent coup de rabot sur les contrats aidés décidé par la nouvelle majorité n’a pas non plus épargné la structure nieppoise. «  Nous en avions dix, neuf sont partis le mois dernier  », glisse Fanny. «  On dénonce les choses, ça ne peut plus durer, tonne Gervais Debaene. On demande une réforme des EHPAD car ils sont devenus des établissements de soins, Il faut des personnes en plus grand nombre et qualifiés. On est quand même sur deux sujets importants : comment on va vieillir et comment on va mourir.  »

(*) Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

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