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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 22:56

http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/un-medecin-de-montmirail-tire-la-sonnette-dalarme-concernant-le-manque-de-moyen?xtcr=3&xtmc=Montmirail#.UHRq5GoCIul.facebook

 

 

 

Le docteur Denise Andrey : « Il y a un décalage entre le discours des politiques et ce qui se passe sur le terrain. »

Le docteur Denise Andrey : « Il y a un décalage entre le discours des politiques et ce qui se passe sur le terrain. »


 

Le docteur Denise Andrey, responsable de la maison de retraite Rémy-Petit-Lemercier de Montmirail, a envoyé une lettre et une pétition à la présidence de la République et au ministère de la Santé. Elle dénonce le manque de moyens alloués aux maisons de retraite françaises.

LE docteur Denise Andrey vient d'envoyer une lettre au président de la République et au ministre de la Santé. Dans son texte, la responsable de la maison de retraite de Montmirail dénonce le manque de personnel dans les maisons de retraite françaises. Il s'agit d'un vrai coup de gueule d'une soignante de terrain qui dit, « agir seule, en dehors de tout syndicat ou parti politique ».
Son courrier a été accompagné d'une pétition ayant recueilli près de 300 signatures de soignants, de familles et même d'élus, comme le maire de Montmirail Bernard Doucet. Ce qu'elle réclame : « Des bras, car j'estime qu'il est primordial pour une société de s'occuper correctement des aînés. »
Entretien avec ce médecin qui doit veiller sur 120 résidents et diriger 50 agents.

Dans votre courrier, vous n'hésitez pas à employer le terme de maltraitance. En est-on vraiment là dans les maisons de retraite ?
«Il y a un vrai décalage entre le discours des politiques sur la bientraitance et ce qui se passe dans les maisons de retraite du pays. Aujourd'hui, les personnes qui viennent en maison de retraite sont souvent prises en charge totalement. Elles quittent leur domicile car elles ne peuvent plus vivre seuls. Une prise en charge totale signifie qu'il faut s'occuper matin, midi et soir de la personne. Le soir, j'ai trois agents qui doivent coucher 30 personnes en trois quarts d'heure. Les aides-soignantes n'ont plus le temps de prendre la main d'une personne pour apaiser ses angoisses ou même de lui frotter le dos. Si cela continue comme ça, les maisons de retraite vont redevenir les mouroirs d'antan.»
Comment faites-vous au quotidien ?
«On s'organise. On fait l'impasse sur certaines choses. Je préfère que l'on prenne parfois du temps pour parler à la personne plutôt que de passer un coup de balai sous le lit. C'est à contrecœur que nous ne faisons pas le ménage de temps en temps. C'est difficile à comprendre pour les familles. Mais nous ne pouvons pas faire autrement. Les agents sont frustrés de ne pas pouvoir faire davantage. Ils sont épuisés.»
« Le personnel se dévoue »
Vous vous dites envahie par la paperasse et les protocoles…
«Nous avons des outils qui sont censés évaluer les moyens dont nous avons besoin. Mais ces outils d'évaluation ne reflètent pas ce que nous faisons au quotidien. Donc les moyens sont toujours calculés comme inférieurs à ce dont nous avons réellement besoin. Ces outils d'évaluation ne prennent pas en compte les notions de plaisir, de bienveillance. Dans les agences qui nous contrôlent, on ne parle que de thérapeutique ou de soins. Mais l'important, selon moi, c'est plutôt de prendre soin, et cela n'appartient visiblement pas au vocabulaire de ces organismes qui décident des moyens à nous allouer. Le matin, quand j'arrive à la maison de retraite, je n'ai qu'un seul objectif : que tous les résidents passent une bonne journée. Cela ne rentre pas dans les cases des grilles d'évaluation.»
Vous dénoncez une situation qui prévaut selon vous dans toute la France. Qu'en est-il à la maison de retraite Rémy-Petit-Lemercier de Montmirail ?
«Je nous considère comme privilégiés ici. Nous avons encore pas mal de moyens. Notre directeur se bat pour cela. Il règne une grande confiance entre les agents qui sont tous dévoués à leur tâche. Sans le dévouement exceptionnel des aides-soignantes, la situation serait bien pire.»
Propos recueillis par Guillaume TALLON
Le docteur Denise Andrey souhaite susciter des lettres et des pétitions dans d'autres maisons de retraite et invite toutes les personnes, soignants, familles ou élus qui sont sensibles à ce qu'elle dénonce à prendre contact avec elle en contactant l'hôpital local de Montmirail au 03.26.81.20.36 begin_of_the_skype_highlighting GRATUIT 03.26.81.20.36 end_of_the_skype_highlighting .

 

 

 

 

 

 

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