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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 07:49

    Vitalia invente l'impôt privé
Lutte Ouvrière
Vitalia est l'un des principaux propriétaires d'établissements médicaux privés en France. Bien implanté en Auvergne, ce groupe possède à Clermont-Ferrand les cliniques des Chandiots et de La Plaine, ainsi que d'autres en banlieue, comme Beaumont, ...
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Pays Charolais | Le reclassement en question - Le Journal de ...
Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) pour les salariés de la clinique consiste en une prise de mesures conséquentes pour Vitalia.
www.lejsl.com/pays-charolais/.../le-reclassement-en-question
 

 

La Mutualité française dénonce le forfait optionnel de la clinique auscitaine.

Le groupe Vitalia a repris l'ancienne clinique Carlier en 2007.

Le groupe Vitalia a repris l'ancienne clinique Carlier en 2007. (ph. archives ph. B./ « sud ouest »)



Le président de la Mutualité française de Midi-Pyrénées est en colère. Pierre-Jean Garcia ne cache pas son courroux.

La Mutualité française Midi-Pyrénées dénonce le « forfait administratif » pratiqué par la Polyclinique de Gascogne à Auch, l'ancienne clinique Carlier, reprise par le groupe Vitalia en 2007. Il s'agit d'un forfait de 9 euros proposé au patient lorsqu'il remplit les documents d'inscription. Sur la feuille qui lui est présentée, le patient peut choisir, en cochant une case, une chambre individuelle ou pas, de bénéficier de la télévision ou pas et… de payer 9 euros, ou pas. Il s'agit du forfait administratif. Il est totalement optionnel.

Selon la Mutualité française, cette pratique serait « illicite ». Elle aurait déjà alerté la direction de la Polyclinique à ce sujet « il y a six mois » précise Pierre-Jean Garcia, président de la Mutualité française de Midi-Pyrénées. « Avant, ce forfait était obligatoire, maintenant il est optionnel, censé couvrir d'éventuels services ».

« C'est cynique »

La Mutualité française regrette que « malgré le rappel à la loi adressée par la Caisse nationale de l'assurance-maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) sur cette pratique, qu'elle a elle-même jugée ''illicite'' en août dernier, les usagers du Gers et du Tarn continuent à se voir systématiquement soumettre la proposition de paiement d'un forfait administratif de 9 euros, au motif que ce dernier resterait optionnel. » Il y a six mois, le Collectif interassociatif sur la santé a porté plainte auprès de la CNAMTS.

Pour Pierre-Jean Garcia, « c'est cynique. Dans les autres établissements, ces services sont gratuits. La plupart des patients, très souvent âgés, cochent la case et paient. C'est fort de café ! Dans un contexte où l'on veut remettre de l'offre de soins de proximité, surtout en zone rurale, il faut raison garder. » Pierre-Jean Garcia est d'autant plus outré que « la Polyclinique profite de son monopole gersois dans plusieurs spécialités, comme l'urologie, pour se permettre une telle pratique. »

De son côté, Xavier Boutin, directeur général adjoint du groupe Vitalia, propriété du fonds d'investissement américain Blackstone qui gère la Polyclinique de Gascogne, explique que ce forfait « couvre deux catégories de prestations qui prennent du temps administratif. Par exemple, la relation entre les patients et leur complémentaire santé car beaucoup arrivent à la clinique sans leur contrat de mutuelle. C'est donc le personnel qui téléphone à la mutuelle pour se faire faxer le contrat et dire au patient ce qu'il va payer. Autre prestation, l'organisation de la suite de l'hospitalisation : trouver un véhicule sanitaire pour emmener le patient faire des analyses par exemple ou trouver une place dans un établissement de suite. Pour nous, ces démarches ont un coût. En face de cette dépense, nous avons mis une recette. Ce forfait est plus élevé dans d'autres groupes concurrents. Il n'est pas du tout illicite. Ce qui serait illicite, c'est qu'il soit obligatoire. »

La Mutualité française Midi-Pyrénées « exige » la suppression de ce forfait et « invite les usagers à ne pas payer cette prestation facultative ».

Auch

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 07:56

http://www.agevillagepro.com/actualite-9423-1-maison-de-retraite-greve-dans-un-ehpad-mutualiste-a-monts-37-pour-obtenir-7-postes.html

 

 

Les professionnels CGT de l'établissement mutualiste pour personnes âgée dépendante (EHPAD) "La Vasselière" à Monts (37) ont fait grève ce 21 janvier pour réclamer des postes.

Voir l'article de Agnès Aurousseau de La Nouvelle République repris sur le site Internet de l'Union Départementale CGT d'Indre et Loire :

 

"Bien motivés, les grévistes de l’Ephad de Monts, hier matin, pour leur piquet de grève devant l’établissement  ! Malgré le grésil, une vingtaine d’employés de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes de La Vasselière avaient choisi de débrayer pour réclamer, à nouveau, les postes qui manquent pour faire fonctionner la structure dans de bonnes conditions. « Il manque sept postes et demi de soignants en équivalent temps plein, estime Marie-Pierre Martin, déléguée syndicale CGT de la Mutualité française Indre et Indre-et-Loire (gestionnaire de l’établissement). Depuis juin dernier, nous sommes passés de 83 résidents à 118 résidents. Il n’y a pas eu suffisamment de postes créés. En tout, treize postes manquent. » Malgré une pétition signée en nombre par les familles le 1er novembre et des rencontres avec le conseil général, la situation avance lentement.

Des patients seuls

 

L’Agence régionale de santé a débloqué de façon exceptionnelle un poste jusqu’en juin. Un poste a été débloqué sur les fonds propres de la Mutualité pour assurer des heures de soirée. « Mais il a fallu qu’il y ait plusieurs accidents du travail avant, estime une salariée. Quand on arrive pour prendre notre poste et que les personnes souffrant d’Alzheimer ont été seules entre 20 h et 22 h 30... on peut s’attendre à n’importe quelle situation. Certains sortent, d’autres se salissent... » Après douze ans d’ancienneté, une soignante touche 1.400 € par mois  ; une autre, de nuit, en poste depuis six ans, gagne la même somme.

 

Aucun rendez-vous n’est fixé pour le moment. Les grévistes ont entamé, hier, un mouvement reconductible ce matin. D’autres Ephad ont été en grève récemment  : à Amboise, Château-Renault, Bléré ou L’Ile-Bouchard. « Marisol Touraine, quand elle était députée, venait souvent nous rendre visite, raconte une gréviste. Elle disait que c’était SON établissement  ! On aimerait bien un soutien, qu’on reconnaisse que le malaise est général pour les personnes âgées dépendantes  !"

 

 

AdV

 

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 07:27

http://www.domusvi.com/

http://profil.action-sociale.org/?p=nurse-alliance-france-780013959&details=contacts

http://www.boursorama.com/forum-orpea-domusvi-les-echos-422754166-1

De plus en plus de personnes âgées dépendantes et une croissance insuffisante du nombre de lits dans les Ehpad, ces établissements d'hébergement spécialisés : conséquence logique, le maintien à domicile s'impose, tant que faire se peut. Avec, du coup, des besoins d'aide et de soins à domicile allant croissant.

Fort de ce constat, le groupe DomusVi, qui gère 190 maisons de retraite en France et 10 résidences services, a décidé de passer à la vitesse supérieure sur ce marché. Il annonce ce mercredi matin l'acquisition auprès du groupe Assisteo de la totalité du capital de sa filiale Nurse Alliance pour 4 millions d'euros. Cette société a vocation à être intégrée dans DomusVi Domicile, qui va ainsi doubler de taille dans le secteur de la prise en charge individualisée.

En 2013, le nouvel ensemble réalisera un chiffre d'affaires de 43 millions d'euros, avec 2.700 salariés et quelque 7.700 clients. L'activité devrait dégager un excédent brut d'exploitation (Ebitda) à hauteur de 3 % du chiffre d'affaires, soit l'équivalent de ce que génèrent 4 Ehpad, avec 200 personnes. « Les métiers d'aide et de soins à domicile des personnes âgées sont des métiers de main-d'oeuvre, à faible marge et au modèle économique fragile, qui suppose une courbe d'apprentissage », commente pour « Les Echos » Jean-François Vitoux, président du directoire du groupe DomusVi.

Le réseau de DomusVi Domicile sera ainsi constitué de 45 agences dans 26 départements et toutes réunies sous cette même enseigne. Le groupe n'a pas l'intention de recourir à la franchise, incompatible selon lui avec la garantie de services d'un même standard de qualité. Pour autant, son intention est bel et bien d'augmenter la présence territoriale de DomusVi dans l'Hexagone.

Opportunités naturelles

Selon Jean-François Vitoux, la filiale DomusVi Domicile a vocation à doubler encore de taille dans les six ou sept ans. « Il y aura des opportunités naturelles », assure-t-il, tant il est vrai que le secteur associatif est à un tournant de son histoire. Le groupe DomusVi entend, pour sa part, offrir tous les choix possibles en termes d'accompagnement des personnes âgées dans ce qu'il convient d'appeler le « parcours individuel de santé ».

Les Echos

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 07:52

S. H.
Je voulais juste écrire un petit mot à ceux qui croient que le boulot que je fais n'est pas fatiguant... Viens avec moi et on en reparle à la fin de la journée mais je tiens à te prévenir nous n'avons pas des machines, des objets entre nos mains mais des humains, des hommes et des femmes de tous âges et de tous horizons. Alors viens mais saches que tes mains devront être capable de toucher d'autre...s mains, des corps, des liquides biologique (urine, selle,sang...) que l'homme produit. Tes bras devront être capables de soulever,manipuler, des corps douloureux, inertes ou bien sans vie. Tes jambes devront accompagner tes bras, arpenter les couloirs et courir quand il y a une urgence. Et enfin ton cœur et ta tête eux devront être capables de trouver les mots, de soulager et de contenir tes émotions car tu es avant tout un humain. Tu n'auras pas le droit à l'erreur car ce sont des vies qui sont en jeux. Je suis Aide-soignante et j'aime mon métier malgré tout ce qu'il implique. Il me permet de voir la vie différemment. Ton boulot est peut être dur mais le mien n'est pas de tout repos non plus..."

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 07:37

FHP cliniques FHP cliniques 

 

Les cliniques vont bénéficier du crédit d'impôt compétitivité.

Alors que la Fédération hospitalière de France (FHF) élisait son président (lire « En bref », ci contre), la Fédération de l'hospitalisation privée présentait hier ses voeux. L'occasion pour Jean-Loup Durousset, président de la FHP, de souligner que « 30 % des cliniques et hôpitaux privés sont en déficit et comptent sur une évolution tarifaire positive pour survivre ». Un message lancé alors que le gouvernement, sous la pression de la FHF et des parlementaires socialistes, s'est engagé à ce que les tarifs que les cliniques facturent à la Sécurité sociale sur leurs actes soient abaissés, afin de tenir compte de leurs gains issus du crédit d'impôt compétitivité emploi (Cice). Les hôpitaux publics, eux, n'en bénéficieront pas et dénoncent l'avantage concurrentiel (plusieurs centaines de millions) donné au privé.

Les tarifs 2013 vont bientôt être fixés. La FHF indique avoir obtenu des garanties qu'un premier geste sur les tarifs des cliniques sera entériné. La compensation du crédit d'impôt sera néanmoins étalée sur deux ou trois ans afin de lisser les effets, très sensibles pour les établissements, d'une baisse de tarifs. Si les tarifs du secteur sanitaire sont pilotés au niveau national, la FHF s'inquiète en revanche du secteur médico-social (maisons de retraite), pour lequel les tarifs sont départementaux : le gouvernement ne voit pas comment pénaliser le privé afin de compenser le Cice.

Etienne Lefebvre, Les Echos    

 

 

 

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 07:31

Décines ou Villeurbanne ? Le Tonkin et la Mutualité n’auront finalement pas réussi à s’accorder sur l’emplacement de la future super-clinique dans laquelle ils devaient associer leurs activités. Ils perdent ainsi la dotation de l’ARS de 30 millions d’euros. Et si Capio annonce déjà qu’il va malgré tout reconstruire le Tonkin, la Mutualité, elle, est de retour au point mort, faute de financements.

chirurgiens ()
© SIMON DAVAL / MAXPPP

Coup de théâtre. Le pôle de santé de l’Est lyonnais ne verra pas le jour ; du moins pas pour l’instant. La Mutualité française et le groupe Capio qui devaient s’associer pour créer une super-clinique de 700 lits dans l’est de l’agglomération n’ont pas réussi à valider le choix d’un site commun et abandonnent tout projet conjoint.

Depuis longtemps, la Mutualité privilégiait un terrain dont elle est propriétaire, sur la ville de Décines. En revanche, Capio qui souhaite associer sa clinique du Tonkin au projet, avait affiché sa préférence pour un site Villeurbannais. C’est sur ce dernier que les instances de Capio et de la Mutualité avaient finalement arrêté leur choix. Restait simplement au conseil d’administration du groupe mutualiste d’entériner ce choix. Une formalité que nous avions un peu anticipé la semaine dernière en annonçant que le choix de Villeurbanne allait être validé. Mais tel ne fut pas le cas. Le Conseil a refusé cette option 11 voix contre 3, sonnant la fin des négociations entre Capio et la Mutualité.

Capio avance...

Les deux groupes reprennent donc leur route chacun de leur côté. Capio a déjà fait savoir qu’il allait reconstruire le Tonkin sur le terrain où il projetait d’installer le pôle de Santé. "Il s’agira évidemment d’un projet plus restreint que ce que nous ambitionnions avec la Mutualité", confirme Eric Calderon, directeur de la clinique du Tonkin qui s’avoue "extrêmement déçu". "Nous revenons à notre projet initial de 2012, mais que nous allons adapter sur ce nouveau terrain Villeurbannais", précise-t-il, tout en prévoyant que la structure sortira de terre à l’horizon 2015/2016.

... la Mutualité s'embourbe

 

Du côté de la Mutualité, les choses sont plus compliquées. "Nous n’avons pas les moyens de mener seuls le regroupement de nos établissements de la région lyonnaise", confie Dominique Lebrun, directrice de la Mutualité française du Rhône. Des établissements vieillissants que le groupe cherche à rassembler depuis 6 ans ; mais un projet resté dans les cartons faute de financements. Or le regroupement avec Capio aurait permis l’obtention d’une subvention de 30 millions d’euros de l’Agence régionale de Santé 'ARS). Or, sans ce financement, les projets du groupe mutualiste se retrouvent au point mort. Une situation qui fait bondir Jérôme Sturla, le maire de Décines qui espérait bien voir le pôle de Santé de l’Est lyonnais s’implanter sur sa commune. "En annonçant qu’il construira malgré tout sa clinique à Villeurbanne, le groupe Capio vient de faire la démonstration qu’il n’avait pas besoin de l’argent public. Alors pourquoi l’Etat n’allouerait-il pas les trente millions d’euros à la Mutualité ?", fulmine l’édile.

L'ARS reste ferme

Joint par Lyon Capitale, le directeur général de l’ARS, Christophe Jacquinet écarte cette possibilité. "Les 30 millions étaient conditionnés par l’association de Capio et de la Mutualité dans ce projet. Il s’agit de l’essence même de l’appel à projet", insiste-t-il. Car l’heure n’est pas à la multiplication des lits et des cliniques. "Nous sommes dans un contexte d’hyper-concurrence à Lyon. Les établissements de soins connaissent pour la plupart des difficultés financières. L’Etat accompagne donc la réduction du nombre de plateaux techniques, pas pour faire moins, mais pour faire mieux", explique le haut fonctionnaire. Et de préciser : "Ces trente millions d’euros ne pourront pas être alloués à la Mutualité, seule. Néanmoins, elle est libre de présenter un projet de même nature, adossé à un autre établissement". Le projet d’association de la Mutualité et du Tonkin permettait de réduire de 150 le nombre de lits sur environ 850 lits et places excédentaires dans la région.

 

 

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 07:20
FHP Article dans le Monde FHP Article dans le Monde
D'après la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), le projet gouvernemental de "neutralisation" du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) par une baisse des tarifs conduirait 28% des cliniques "à la faillite" et menacerait 40 000 emplois. Un recours judiciaire est d'ores et déjà à l'étude.

Alors que les cliniques et hôpitaux privés sont éligibles au Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) issu du pacte de compétitivité, "plusieurs acteurs hospitaliers se sont injustement élevés contre un supposé avantage accordé aux établissements de santé privés", dénonce une nouvelle fois la FHP dans un communiqué le 23 janvier (lire notre sujet du 10/01/2013 et du 06/12/2012). Selon la fédération, les cliniques et hôpitaux privés sont menacés de subir "une triple peine" : "un régime fiscal défavorable par rapport à ceux des autres secteurs hospitaliers, une allocation des ressources hospitalières parcimonieuse (l’hospitalisation privée réalise un tiers de l’activité hospitalière mais ne perçoit que 17% des financements affectés à l’hôpital), une pénalisation anticipée des établissements de santé privés dès 2013 en compensation du CICE applicable au mieux à partir de juin 2014".

Les cliniques, "entreprises quand ça arrange" le gouvernement

Le CICE, inscrit dans la Loi de finances rectificative (LFR) pour 2012, s’applique "sans exception à toutes les entreprises", rappelle la FHP, appuyant que cet engagement a "formellement été acté" auprès des instances représentatives de l’accord, dont le Medef et la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME). Pour le secteur de l’hospitalisation privée, il représente pour 2014 "un montant de 133 millions d’euros, déduction faite des charges financières additionnelles imputables au seul secteur hospitalier privé, à savoir 65 millions au titre de l’accord de flexi-sécurité pour l’emploi, 30 millions d’euros au titre d’autres mesures du pacte de compétitivité et 2 millions de taxation des CDD (accord sur l’emploi)", indique la fédération.

"Nous sommes des entreprises, des entreprises responsables exerçant dans le monde de la santé, nous assumons notre statut, et à ce titre, nous apportons chaque année 600 millions d’euros d’impôts et taxes à la collectivité", souligne Jean-Loup Durousset, président de la FHP. Il relève que l’environnement fiscal des cliniques et hôpitaux privés n’a "rien à voir avec celui des autres acteurs hospitaliers, exonérés d’un grand nombre d’impositions".

Vouloir neutraliser l’effet du CICE par une baisse des tarifs dès 2013 est "particulièrement injuste et dommageable" d'après la FHP. "Les effets du CICE ne doivent impacter les entreprises au mieux qu’en juin 2014, et pour celles qui ne paient pas d’impôts sur les sociétés, qu’en 2014 ou 2015", estime Jean-Loup Durousset. "Comment voulez-vous que les cliniques et hôpitaux privés déjà en situation fragile puissent supporter une pénalisation dès 2013 ? Elles péricliteront", s’alarme le président de la FHP.

Une mesure "contre-productive" et une menace sur 40 000 emplois

Selon la fédération, la conséquence "mécanique" d’une neutralisation anticipée du CICE conduirait à "la mise en faillite" de 28% des établissements de santé privés, menaçant 40 000 emplois. "Les effets en cascade s’étendraient aux économies locales des territoires, et (...) 25% des cliniques et hôpitaux privés se verraient fragilisés", ajoute-t-elle. "La situation est extrêmement tendue dans le secteur [de la Médecine, chirurgie, obstétrique] MCO qui présente un taux de résultat de seulement 0,3% de son chiffre d’affaires", indique Lamine Gharbi, président de la FHP-MCO. "Avec une baisse des tarifs annoncée, un volume d’activité qui n’évolue que faiblement (+1%), la neutralisation de l’effet CICE fera basculer les comptes d’un plus grand nombre d’établissements dans le rouge", a-t-il prévenu.

Du côté des Soins de suite et de réadaptation, un phénomène nouveau se produit, selon Théo Amarantinis, vice-président de la FHP-SSR. "Les cliniques SSR monovalentes et excentrées, qui contribuent activement à la vie de territoires de santé isolés, rencontrent de plus en plus de difficultés", annonce-t-il. "Nous sommes très inquiets pour leur devenir sans une contrepartie équitable à leurs nouvelles missions en tant que charnière de la filière de soins", poursuit-il. En psychiatrie, l’inquiétude est partagée. "Pour assurer leur survie, de plus en plus de cliniques faute de tarification suffisante doivent augmenter le reste à charge des patients. Ce n’est ni satisfaisant, ni suffisant", souligne François Meillier, délégué général de l’Union nationale des cliniques psychiatriques (UNCPSY).

Une contestation judiciaire nationale ou européenne en vue

L’argument avancé par certains acteurs hospitaliers de distorsion de concurrence entre secteurs hospitaliers "n’est pas recevable, sauf à poser la question de l’harmonie fiscale entre secteur public et privé d’une part, et entre secteurs privés d’autres parts", estiment les représentants de la FHP. Ils rappellent que le système d’allocation des ressources de l’hôpital attribue au secteur public "sans contrepartie la quasi-totalité des 2,3 milliards d’euros d’aides à la contractualisation (dont 32 millions pour les cliniques) ou encore la quasi-totalité des 5,6 milliards d’euros (dont 68 millions pour les cliniques) de crédits MIG" (Missions d’intérêt général) ou MERRI (Missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation). "Sans compter la différence de tarifs maintenue entre les secteurs public et privé avec l’arrêt de la convergence tarifaire", ajoute la FHP, estimant qu'elle s’élève à 21,6% au détriment des cliniques et hôpitaux privés. Quant au secteur associatif, "il bénéficie de 70 millions d’euros au titre des MIG en compensation d’un différentiel de charges de 10 millions d’euros d’avantages liés à l’abattement forfaitaire de la taxe sur les salaires et est rémunéré avec les tarifs du secteur public", avance la fédération.

En conséquence, la FHP se "réserve la possibilité d’engager une contestation juridique devant toutes les juridictions nationales ou européennes". "Le secteur des cliniques et hôpitaux privés emploie 150 000 personnels soignants et administratifs, il est créateur de 3000 emplois l’an et contribue positivement à la maîtrise des dépenses de santé", rappelle le président de la FHP. "Pourquoi le stigmatiser parmi les acteurs de santé privés éligibles au CICE ? Pourquoi vouloir le pénaliser ? Nous ne l’accepterons pas", avertit Jean-Loup Durousset.

Enfin, la fédération relève que 8 millions de patients choisissent chaque année de se faire prendre en charge dans un établissement de santé privé et que 89% des Français souhaitent avoir le choix entre les secteurs public et privé pour leur hospitalisation. "Pénaliser les cliniques et hôpitaux privés, c’est mettre en danger le système de santé libéral en France, est-ce la volonté des pouvoirs publics ?", s’interroge à nouveau le président de la FHP.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 15:55

http://www.sudouest.fr/2013/02/07/piquet-de-greve-a-la-maison-de-retraite-de-thenon-24-959723-2174.php

 

 

Les salariés se plaignent de retard de paiement sur leurs salaires et de conditions de travail de plus en plus difficiles

À Sainte-Alvère aussi, les employés de la maison de retraite sont dans l’angoisse|| Photo Astrid Martin-Auberdon
(Photo Astrid Martin-Auberdon)
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À Sainte-Alvère aussi, les employés de la maison de retraite sont dans l’angoisse

Rien ne va plus dans les maisons de retraite de Thenon et Sainte-Alvère. La majeure partie des salariés des deux établissements se sont mis en grève ce jeudi.

À la maison de retraite « Les jardins de Thenon », 20 personnes sur les 23 contrats en CDI que compte l’établissement ont manifesté dès 8 heures du matin, avec le soutien des membres de l’union départementale de Force Ouvrière (FO) et du groupement départemental des services de santé. La délégation s’est installée sur la route de Montignac, juste en bas de leur lieu de travail, l'établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Sur place, les salariés en grève ont distribué aux automobilistes qui passaient des tracts dénonçant leur situation préoccupante. Des tracts sur lesquels ils témoignent des diverses difficultés qu'ils rencontrent au quotidien : par exemple, le manque de linges de toilette et de protections hygiéniques pour les résidents. « Les problèmes se sont accentués depuis que l’entreprise a été rachetée en 2009 par le groupe Santé Action, mais ceux-ci avaient commencé antérieurement avec Quiétude Sénior », précise Isabelle Santos, aide médico-psychologique de l’établissement.

La goutte d'eau

Et d'ajouter : « Nous avons reçu notre salaire de décembre avec du retard, et seulement 80 % de celui du mois de janvier ». Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase.

Grâce au soutien des familles pour les besoins quotidiens des résidents, le mouvement est prêt à durer si la direction ne se manifeste pas rapidement.

Pour rappel, Gérard Morellec, directeur de l’établissement thenonais, avait été licencié au mois de novembre 2012 pour raison économique.

« L’impression d’être des marionnettes »

Du côté de Sainte-Alvère, 95% des 44 employés de l’Ehpad Les Jardins de Sainte-Alvère ont manifesté devant l’établissement. « Nous avons touché des acomptes sur nos salaires et les 5 employés en CDD n’ont rien reçu, déclare la déléguée du personnel, Laetitia Lafon. Nous avons l’impression de revivre ce que nous avons vécu il y a trois ans lors du redressement judiciaire du Groupe Quiétude, ancien propriétaire. Ces retards de versement des salaires entraînent des conséquences graves pour les employés dont les prélèvements automatiques de début de mois ne seront pas honorés.»

L’inquiétude du personnel n’est pas sans fondement : le directeur, le cuisinier et la secrétaire de l'établissement ont déjà été licenciés. « Nous avons l’impression d’être des marionnettes aux mains d’un groupe qui n’a aucune considération pour nous, s’indigne l’une des grévistes. On nous a dit que les retards de paiement étaient dûs à un changement de cabinet comptable mais nous n’y croyons pas. »

Des problèmes de logistique viennent aggraver la situation : des fournisseurs impayés ne livrent plus leurs marchandises, comme les boulangers ou l’entreprise de nettoyage qui ne prend plus en charge les draps et les vêtements du personnel. Il reste à espérer que la promesse faite par la direction de verser tous les salaires d’ici la fin de la semaine sera tenue, car la situation, difficile pour les employés, risque de perturber aussi les résidents.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 07:15

Santé

Examen clinique

Le modèle économique de Capio, exploitant de cliniques privées

Examen clinique Si les romans policiers suédois sont devenus un modèle du genre depuis Stieg Larsson et sa série Millenium, la référence suédoise en matière de santé est moins connue. Pourtant Capio, troisième exploitant de cliniques privées en France, est bel et bien scandinave. Et la France reste le premier marché de ce groupe qui y possède 26 établissements et y réalise 490 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Pour être rentable, dans un univers où les tarifs sont fixés par l’assurance maladie, l’opérateur mise sur un fort taux d’occupation de ses lits et de ses blocs opératoires, tout en réduisant la durée de séjour des patients. S’y ajoute une politique de spécialisation et de regroupement, des sites qui deviennent incontournables et génèrent plus d’activité. L’objectif de Capio est que pour l’avenir, le critère de choix du patient ne soit plus uniquement le nom du praticien, mais l’enseigne de la clinique.

Banco pour une décennie supplémentaire ! Le 27 mars, après un an d’appel d’offres, Capio a été reconduit pour la gestion d’un des principaux hôpitaux de Stockholm : Saint-Göran. Ce navire amiral de la capitale suédoise compte 300 lits et affiche 145 millions d’euros de chiffre d’affaires. Un succès symbolique pour cet opérateur de santé qui a commencé son ascension en pleine crise des finances publiques suédoises il y a près de 20 ans.

A l’époque, une collectivité locale suédoise choisit de confier à Capio la gestion de son laboratoire d’analyses médicales. Depuis, le groupe gère 60 établissements hospitaliers au Royaume-Uni, en Allemagne, en Norvège et en France, devenu son premier marché avec 48 % du chiffre d’affaires réalisé, soit 490 millions d’euros en 2011. Cette présence importante n’est absolument pas le fruit du hasard. “La France est le plus grand marché d’hospitalisation privée d’Europe avec 12 milliards d’euros par an, soit 60 % des actes de chirurgie réalisés dans l’Hexagone”, rappelle le directeur général délégué de Capio en France, Philippe Durand.

Tarifs et ouvertures réglementées
Pour aussi attractif qu’il soit, le marché français de la santé n’est cependant pas le plus facile d’accès. Un gestionnaire de clinique, dont le métier est de soigner un patient durant un temps de séjour déterminé, ne décide cependant ni du tarif des actes pratiqués, ni de la durée de séjour. Ces deux variables sont exclusivement du pouvoir de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), en clair, le payeur des actes de santé, lui-même alimenté par les cotisations des entreprises, des salariés et des travailleurs indépendants.

Le système de la tarification à l’activité (T2A) repose donc sur une nomenclature de 2 300 groupes de séjours hospitaliers. Ils correspondent à autant de prestations que peuvent réaliser les établissements de santé. Ainsi, un accouchement est rémunéré par l’assurance maladie 1 800 euros et une intervention ophtalmologique sur la cataracte 800 euros. Avec ce forfait, la clinique doit rémunérer son personnel, acheter des produits à usage unique, amortir ses investissements tels que les blocs opératoires ou le système d’imagerie. Elle se doit, en outre, de nourrir le patient pendant son séjour et éventuellement d’assumer une responsabilité financière en cas de mauvaise pratique.

“Nous consacrons 20 % de nos dépenses aux consommables et produits divers, 30 % aux frais de personnels directs, 35 % aux charges diverses que sont la restauration, l’amortissement du matériel et des locaux. Nos frais de structure sont de l’ordre de 10 %, ce qui nous laisse en moyenne une marge de 5 %”, détaille Philippe Durand. La part de revenus totalement maîtrisée par Capio reste, au final, très marginale. Il s’agit des recettes liées à l’octroi d’une chambre particulière (environ 70 euros/nuit) et la facturation des locaux utilisés par les médecins pour leurs consultations pré ou post-opératoires. Au total, 5 % du chiffre d’affaires.

Pour les gestionnaires de clinique, la contrainte ne se résume pas à une grille de tarifs, elle s’exerce aussi via la carte sanitaire qui réglemente strictement les ouvertures et les fermetures d’établissement. Or la France est aujourd’hui en surcapacité médicale, ce qui lui interdit de fait toute création, ex nihilo, de centre de soins. Chaque nouvel entrant sur le marché est donc condamné à racheter des cliniques déjà existantes s’il veut se développer.

C’est précisément le choix opéré par Capio en octobre 2002. Afin d’obtenir un ticket d’entrée, le groupe suédois débourse alors 160 millions d’euros pour un ensemble de 15 cliniques détenues alors par Suez. Depuis, la croissance a été le fruit de rachats successifs d’établissements. Il s’agit souvent d’entités indépendantes créées par des médecins et qui n’arrivent plus à équilibrer leurs comptes du fait de l’augmentation de leurs charges fixes.

Capital intensif
Capio, comme ses principaux concurrents – Générale de santé, Vitalia -, compte des fonds d’investissement dans son actionnariat. Leur présence s’explique d’abord par le fait qu’ils étaient en capacité, de par leurs liquidités, à entrer dans cette activité très gourmande en capital. Une contrainte compensée par une exposition aux risques plus faible que dans d’autres activités de service.

“Les fonds d’investissement ont d’abord été attirés par le fait qu’en France, la santé est un secteur dont les recettes sont solvabilisées par l’assurance maladie, même si le taux de marge n’est pas au rendez-vous. Les années 2004 et 2005 ont en outre été assez fastes car la mise en place de la tarification à l’activité a été l’occasion d’un rattrapage sur le prix des actes”, analyse Benoît Péricard, ancien patron de centre hospitalier universitaire (CHU) et aujourd’hui associé chez KPMG pour le secteur santé. L’existence d’une clientèle captive et solvable a même créé une mini- bulle entre 2005 et 2008.

Les fonds d’investissement ont alors misé sur ce secteur et les valeurs d’acquisition ont alors atteint 10 à 12 fois le résultat d’exploitation. Résultat, Blackstone, actionnaire du numéro 2 français des cliniques Vitalia, n’a pas réussi à revendre sa participation au tarif escompté. Il a donc choisi de la conserver. Prudent, Capio a opté pour une stratégie plus patrimoniale. Le groupe a peu acheté durant les périodes de surchauffe. En revanche, il a choisi d’être propriétaire de tous les murs de ses établissements, qui sont ensuite refacturés sous forme de loyer pour chacune des cliniques. L’impact sur la rentabilité n’est pas négligeable puisqu’elle atteint de manière globale 7 %, mais se limite à 3,5 % sur la seule activité médicale. Cette stratégie impacte également la valorisation de la filiale France de Capio, estimée à 400 millions d’euros compte tenu de ses actifs immobiliers.

Les médecins, pièce maîtresse
S’il ne maîtrise pas ses recettes, le groupe Capio entretient en outre une relation particulière avec “ses apporteurs de clientèle”. Aujourd’hui le premier critère de choix d’une clinique pour un patient est le médecin qui va pratiquer l’intervention ou l’examen. C’est donc sur cette fonction que repose non seulement le niveau d’activité mais aussi l’image et la réputation d’un établissement. Or les 1 200 praticiens officiant quotidiennement dans les 26 cliniques et réalisant chaque année 800 000 actes médicaux ne sont ni salariés, ni rémunérés par Capio.

Leurs honoraires liés au nombre d’actes réalisés leurs sont réglés directement par l’assurance maladie. Ils ne sont liés à l’établissement dans lequel ils exercent que par un “contrat d’exercice libéral”. Et lorsqu’ils choisissent de fixer leurs honoraires au-delà du taux de remboursement de la Sécurité sociale et des assurances complémentaires, la clinique n’a aucun droit de regard. “Nous sommes dans une logique de codépendance. L’intérêt du praticien est d’exercer de la “belle médecine” et de pérenniser son activité. En cas de divergence de vue, les contrats prévoient une clause de sortie avec un préavis”, précise François Demesmay, directeur des activités médicales et lui-même médecin.

Pour faire face à cette dualité de pouvoirs, Capio a joué une carte particulière et sans doute très suédoise. Bon nombre de ses managers ont d’abord été médecins avant de bifurquer vers des fonctions de direction. Ainsi, le comité exécutif compte 4 médecins et une infirmière sur un total de 9 membres. Quatre praticiens sont également présents parmi les 10 administrateurs du groupe. Le directeur général de Capio France, Sveneric Svensson, a d’abord été chirurgien cardiaque durant 20 ans. “En Suède il n’existe pas de différences entre la médecine et le management”, précise-t-il au Nouvel Economiste.

L’industrialisation des actes de soin
Compte tenu de toutes les contraintes qui existent dans l’activité hospitalière, les actionnaires et les dirigeants de cliniques privées, sans doute plus que d’autres encore, ont été contraints de repenser les modèles de fonctionnement. Ainsi, un bloc opératoire, compte tenu de son coût d’investissement, doit rester, le moins possible, lumières éteintes. Dans les 180 salles d’opération du groupe Capio, le taux d’utilisation atteint 70 %. Parallèlement, un patient est d’autant plus rentable pour une clinique qu’il reste moins longtemps dans ses murs.

“En France la durée moyenne d’hospitalisation pour une chirurgie du colon est de 12 jours, en Suède elle n’est que de 3”, constate Philippe Durand, le directeur général délégué. De fait, au sein du groupe Capio la durée moyenne de séjour ne dépasse pas 4,3 jours. Il est vrai que l’accent est tout particulièrement mis sur les techniques ambulatoires qui nécessitent une hospitalisation de moins de 24 heures. En clair le patient n’utilise pas de chambre, prend moins de repas mais la rémunération versée par l’assurance maladie reste la même.

“Sur une hernie tarifée à 1 200 euros, le traitement d’un patient en hospitalisation classique avec une ou deux nuits consomme 3 heures de personnel soignant/jour, pour une rentabilité proche de 0. En chirurgie ambulatoire, le même patient n’aura besoin que d’une heure de personnel soignant et la rentabilité pour la clinique sur cet acte atteint alors 15 %”, calcule Fabrice Hardouin, directeur du pôle d’exploitation Lyon Ouest, berceau historique de Capio.

La spécialisation, nerf de la guerre
Si nombre de cliniques indépendantes sont aujourd’hui déficitaires, c’est qu’elles continuent à se référer à leur appellation originale de “polyclinique” et donc à proposer une grande variété de spécialités. Or “en matière médicale, ce qui se fait bien se fait souvent. Les établissements comme les praticiens se spécialisent de plus en plus sur un organe”, rappelle François Demesmay, le directeur de la politique médicale. Progressivement, les établissements du groupe Capio se spécialisent sur quelques disciplines médicales. L’avantage est double.

D’abord la multiplication d’un acte identique fait chuter son coût unitaire, ensuite la reconnaissance, voire la labellisation qui en résulte, déclenche mécaniquement une augmentation de l’activité dans ladite discipline. Aujourd’hui, une des entités, la clinique de la Sauvegarde, vient d’être référencée parmi les 37 centres français de lutte contre l’obésité. Cette distinction permet ensuite de construire une offre globale en amont et en aval de l’intervention qui va des consultations médicales aux conseils en nutrition. Cette spécialisation est d’autant plus indispensable que certaines disciplines sont notoirement plus rentables que d’autres. Ainsi la chirurgie digestive et l’urologie sont moins rentables, l’orthopédie et l’ophtalmologie plus lucratives.

“Quant aux accouchements, il faut en faire au minimum 1 000 par an car ils nécessitent des effectifs disponibles 7jours sur 7 et 24 h sur 24”, prévient le directeur de la politique médicale François Demesmay. L’une des dernières acquisitions de Capio, à Domont (Ile-de-France), est justement une clinique qui réalise 70 % de son activité en chirurgie orthopédique. “Ne subsisteront pour l’avenir que ceux qui peuvent démontrer l’excellence de leur pratique”, prédit François Demesmay.

La logique de regroupement
Pour autant, la spécialisation n’est qu’une étape intermédiaire dans la stratégie de Capio. Le groupe doit maintenir sa rentabilité, alors que les tarifs de l’assurance maladie ne sont quasiment pas réévalués (0,19 % en 2012) et que les points d’indice des personnels infirmiers sont revalorisés. Après une politique de rachat intensive jusqu’en 2006, l’heure est maintenant, pour Capio, au regroupement d’établissements. A Toulouse comme dans la région lyonnaise, des fusions de cliniques sont en cours.

L’objectif ? constituer des pôles incontournables pour les patients comme pour les médecins. Au passage, quelques économies sur le back-office vont être trouvées, mais surtout, ce mouvement préfigure une véritable révolution dans le positionnement des cliniques du groupe Capio. Jusqu’à présent, un patient choisissait d’abord un médecin ou un chirurgien avant de sélectionner un établissement. Or sous la double influence d’Internet et des classements établis chaque année par les magazines, les pratiques sont en train de changer. L’image et la réputation d’un centre de soins pèsent de plus en plus dans la décision ; d’autant que le ministère de la Santé est lui aussi entré dans la danse en publiant chaque année son propre classement en fonction des efforts réalisés dans la lutte contre les infections nosocomiales.

“Aujourd’hui on labellise des centres et des équipes médicales. Un médecin, pour être visible, doit désormais être dans un centre référencé. Le rapport praticien/établissement se rééquilibre”, estime le directeur du pôle lyonnais de Capio, François Hardouin. L’enjeu est d’autant plus important que la France souffre encore d’un excédent de capacité hospitalière. “Le ratio lit/patient est 2,3 fois plus élevé en France qu’en Suède”, note le directeur de la politique médicale François Demesmay. “A chaque regroupement, ce sont entre 10 et 30 % des lits qui disparaissent dans l’opération. A terme, dans les villes de moins de 150 000 habitants, il n’y aura plus qu’un seul plateau technique”, anticipe Benoît Péricard, en charge du secteur santé au sein du cabinet KPMG.

Il faudra alors choisir si l’opérateur est public ou privé. En ce domaine, Capio, fort de son expérience suédoise de gestion des hôpitaux publics, sera à même de se mettre sur les rangs. Jusqu’à présent, en France, on ne compte qu’un seul cas de figure récent dans lequel c’est, à l’inverse, un hôpital public qui a racheté une clinique privée. L’opération s’est déroulée à Château-Gontier en Mayenne, une ville dont le maire, Jean Arthuis, est expert-comptable et ancien ministre de l’Economie.

Chiffres révélateurs

Le groupe Capio est détenu depuis 2006 par trois fonds d’investissement : APAX Worldwide, Nordic Capital et Apax France. Il possède 4 900 lits et 240 blocs opératoires répartis dans 60 établissements. En 2010, il a réalisé 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires pour un excédent brut d’exploitation de 64 millions. Son endettement, lié à sa politique d’acquisition, atteignait en 2010 425 millions d’euros.

En France, Capio possède 26 cliniques qui réalisent chaque année 830 000 actes médicaux et emploient 5 100 salariés dont 3 300 paramédicaux. 1 200 médecins sont en contrat d’exercice libéral avec le groupe. L’excédent brut d’exploitation se monte à 35 millions.

Un établissement type, comme la clinique de la Sauvegarde à Lyon, compte 200 lits, facture 10 000 actes par an et réalise 37 millions d’euros de chiffre d’affaires. Sa masse salariale pour 300 salariés se monte 17 millions et l’excédent brut d’exploitation est de 240 000 euros.

Franck Bouaziz

Publié le 19/04/2012 | Mots clés : Santé

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 19:07

Bonsoir,
suite à un coup de fil d'1 copain, soyons clair:
pour les vacances d'été, il faut imposer la convention collective à nos teurtrices,
c'est à dire minimum 12 jours et maxi 24 jours AU CHOIX DU SALARIE, pas à leur choix à eux. Ils ou elles n'ont pas le droit de nous imposer un nombre de jours.
Cette histoire récurente commence sérieusement à nous casser les couilles, je vous promet que l'on interpellera qui de droit au prochain CE, le 21 février.
Nono, Rikou, on compte sur vous..........

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